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Réflexion sur l'essence de l'intelligence humaine et sur les différences avec l'intelligence artificielle qui, en dépit des progrès constants de la science, ne peut pas s'en approcher. L'auteur explique qu'il est vain de chercher à créer des systèmes dotés d'une autonomie totale et d'une forme inhumaine de cognition, et démontre l'intérêt de concevoir des outils dociles, puissants et versatiles.
Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme L'intelligence artificielle connaît son heure de gloire. Aux déboires des commencements ont succédé, ces dernières années, des avancées spectaculaires. Ces progrès ne semblent pourtant pas rapprocher LIA de l'objectif que ses créateurs s'étaient assigné : celui de reproduire l'intelligence humaine. Projet chimérique, selon le philosophe et scientifique Daniel Andler. L'IA ne connaît pas les situations concrètes rencontrées par les humains. Elle n'aura donc jamais accès aux dimensions de la cognition humaine que sont l'expérience sensible, la spontanéité, l'affect, l'ouverture à autrui... Là où elle peut épauler l'intelligence humaine, c'est pour résoudre les problèmes que nous lui confions. Ce devrait demeurer, là son but, plutôt que celui, incohérent, de chercher à nous égaler, voire à nous surpasser. L'humanité a besoin d'outils à sa main, puissants et versatiles, et non de pseudo-personnes munies d'une forme inhumaine de cognition. Au terme d'un examen détaillé du développement historique de l'IA et de sa situation actuelle, telle est la conclusion à laquelle aboutit cet essai, par l'un des meilleurs spécialistes des sciences cognitives.