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En interrogeant la physique quantique contemporaine, le philosophe défend une complémentarité vivante entre la science et la philosophie, proposant une épistémologie toujours féconde et en mouvement, à la fois attentif aux spécificités et aux capacités d'enrichissement mutuel des deux disciplines.
L'activité rationaliste de la physique contemporaine « La mécanique quantique - et singulièrement la mécanique des opérateurs - [...] présente de si précis exercices de transrationalisme, de surrationalisme, qu'un philosophe soucieux de problèmes philosophiques précis doit s'engager dans ces problèmes de pointe. »En 1951, Gaston Bachelard écrit le plus systématique de ses ouvrages épistémologiques, l'un des plus stimulants aussi. Il s'y confronte, avec une acuité redoublée, à une question récurrente dans son oeuvre : comment promouvoir entre science et philosophie une féconde complémentarité, attentive à leurs irréductibles spécificités comme à leurs capacités d'enrichissement mutuel ? En interrogeant la physique quantique la plus avancée, Bachelard confirme son refus d'un divorce dogmatique entre les deux disciplines, et sa volonté d'en promouvoir la vivante complémentarité. Tout en dégageant les lignes de force de cette épistémologie de pointe, toujours en mouvement, Charles Alunni apporte des éclaircissements décisifs sur la question de la place des images en science. La raison, devenue « surrationaliste », s'avère toujours plus ouverte à la dialectique des progrès mathématiques et phénoménotechniques, tout en faisant place avec rigueur aux apports de l'image dans le champ scientifique.