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Une exploration des fondements philosophiques du végétarisme depuis l’Antiquité jusqu'au XXIe siècle. L'auteur montre que le refus de consommer de la viande est une réflexion morale ancienne liée à la justice, à la compassion et au rapport entre humains et animaux. Pour mettre fin à ce dérèglement, Platon et ses disciples prescrivent l'abstinence de la chair, qui est la philosophie elle-même.
Philosopher sans viande . L'abstinence de la chair dans l'Antiquité . Depuis Pythagore, au VIe s. av. J. -C., jusqu'aux derniers penseurs païens de l'Antiquité tardive, aux Ve et VIe s. apr. J. -C., la tradition philosophique qui se réclamait de Pythagore et de Platon a défendu « l'abstinence de la consommation de la chair », c'est-à-dire l'interdiction de tuer des animaux et de les manger. Les raisons de cet interdit étaient multiples. Ces philosophes tenaient l'âme pour immortelle, et l'animal dévoré pouvait avoir en lui l'âme d'un défunt humain, peut-être même d'un parent. Les animaux, parce qu'ils sont des vivants comme nous, sont des êtres animés envers lesquels nous avons une obligation de justice et de bienveillance. Notre hygiène de vie, enfin, gagne considérablement à s'abstenir de la viande, qui est une nourriture souvent malsaine dont nous pouvons nous passer. La seule et véritable raison qui pousse les hommes à tuer et dévorer d'autres vivants tient à un dérèglement moral et au plaisir maladif que nous prenons au « carnage » du vivant. Pour mettre fin à ce dérèglement, Platon et les platoniciens de l'Antiquité vont prescrire un remède, l'abstinence de la chair, qui n'était rien d'autre pour eux que la philosophie elle-même.