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Mourir après le jour des Rois est un chef-d’œuvre des lettres espagnoles. Il rassemble plusieurs textes que Manuel de la Escalera écrivit en prison entre 1944 et 1962. Le plus long de ces récits est le journal tenu entre le 15 décembre 1944 et le 17 janvier 1945, dans les couloirs de la mort de la prison d’Alcalá de Henares où l’auteur attend d’être fusillé. Car dans l’Espagne catholique, apostolique et romaine du général Franco, on ne fusille pas entre la Nativité et l’Épiphanie. Alors, durant la trêve, les prisonniers continuent de vivre et attendent le télégramme portant les noms de ceux qui vont mourir, peut-être le leur n’y figurera pas. Les autres récits dressent quelques portraits des compagnons disparus, racontent la captivité. Raconter pour ne pas oublier. Tous ces récits disent la tragédie de la mort et de l’enfermement, l’appétit de vivre, la dignité, le rire. L’émotion palpable qu’éveille ce texte en fait un témoignage universel contre la barbarie de tous les temps, une lecture nécessaire.
Manuel de la Escalera, écrivain espagnol, sculpteur, cinéaste et traducteur, est né le 6 août 1895 à San Luis Potosí, au Mexique. Il passe sa jeunesse entre le Mexique et l’Espagne et poursuit des études d’histoire de l’art, de sculpture, de cinéma dans différentes villes européennes. À Paris, il découvre le surréalisme, fréquente Picasso, collabore avec le sculpteur Antoine Bourdelle, lit l’œuvre de Marx, Freud et Spengler. Il fréquente le monde du cinéma et travaille dans les studios de Joinville aux côtés d’Alexis Granowsky. De retour en Espagne, il participe activement au Mouvement Ciné-Club, fondant en particulier le Ciné-Club de l’Athénée populaire à Santander et le Ciné-Club prolétarien. Mais la guerre civile espagnole bouleverse ses projets. Républicain et communiste, il est fait prisonnier après la chute des Asturies en 1937 et ne retrouvera la liberté que vingt-trois années plus tard, en 1962. Il commence à écrire en prison. Condamné à la peine capitale, il compose son premier récit, Mourir après le jour des Rois, en cachette, dans les couloirs de la mort d’une prison franquiste en 1944. Sa peine est ensuite commuée en trente ans de réclusion. Face aux difficultés économiques que pose la longueur de sa captivité, il apprend l’anglais littéraire et réalise ses premières traductions à la demande de l’éditeur catalan, Josep Janès. Il traduit les nouvelles de Katherine Mansfield, des textes de W. Somerset Maugham et des récits de William Saroyan. Il vécut de ses traductions jusqu’à la fin de sa vie.