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"Ces inscriptions au jour le jour sont peut-être banales, anodines, sans grosse portée littéraire, mais elles ne sont pas dépourvues d'un certain charme. C'est l'homme à nu, en quelque sorte. Je donnerais cher pour pouvoir mettre la main sur quelques-uns de ces petits recueils secrets où l'homme se découvre, jette le masque, baisse le bouclier de ses préjugés, de sa pudeur, de ses inhibitions; où il étale, sans vergogne, les allées et venues de sa personne, de ses pensées, les petites ou grosses vomissures qu'il répand çà et là au fil de ses jours, au fil de sa vie. Ce que j'aime le mieux, chez les écrivains, c'est justement le “journal” que certains d'entre eux ont tenu au cours de leur vie. Le journal de Gide, celui de Jules Renard, de Paul Léautaud, de Valéry, par exemple. Aucun apprêt, aucun déguisement, aucune architecture littéraire – ou si peu – dans ces écrits."Espace où se révèle l'intimité d'un être, le journal est considéré comme un genre privé, voire secret. Aussi est-il rare qu'un écrivain le publie de son vivant. Geste iconoclaste qu'ose justement J.-R. Fournier avec ce texte généreux, qui met à jour les impressions, goûts, réflexions, regard de son auteur sur lui-même, le monde, la société, l'histoire, ou encore la littérature. Dans la continuité de "Chroniques", une oeuvre qui se place sous l'égide d'une totale et absolue liberté.
Jean-Raoul Fournier est né il y a bien longtemps (personne n'a jamais su exactement à quelle époque, mais on pense généralement que c'était du temps de Massalia ...) sur les rives de la bleue Méditerranée... Jean-Raoul a fréquenté (trop longtemps) la faculté de droit d'Aix-en-Provence dont il est sorti avec un diplôme. Il a passé une année en Angleterre (diplôme de Cambridge). Il a participé (contre son gré) à la guerre d'Algérie, séjour qui lui a permis de se lier d'une très grande amitié avec le généreux peuple algérien. Il a eu la chance de pouvoir enseigner quelque temps, à Alger, aux enfants de ce pays, le plus merveilleux de ses souvenirs d'Algérie... Il a enseigné le français dans divers établissements secondaires de l'Ontario (Canada), à Toronto notamment. Il a exercé les fonctions de conseiller linguistique pendant un certain nombre d'années auprès du gouvernement de l'Ontario (traduction des lois). Il a publié quelques ouvrages au Québec et travaille actuellement sur un roman, des nouvelles et met la dernière main à un journal. Il a également écrit deux pièces, une comédie et une tragédie. Marié à une Québécoise, Mariette. Père de deux enfants, Vincent (un parfum de sa Provence natale et de Mistral dans ce prénom ) et une fille, Sophie, sa chère Antigone...