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Une analyse de la série télévisée américaine Watchmen, adaptée du roman graphique d'Alan Moore et de Dave Gibbons. En dressant un parallèle avec l'oeuvre de l'essayiste Frantz Fanon, l'auteur étudie comment le créateur Damon Lindelof déconstruit le mythe américain du super-héros, explorant les problématiques raciales contemporaines à travers les motifs du masque et des traumas de l'histoire.
Masques blancs, peau noire . Les visages de Watchmen (2019) de Damon Lindelof . Watchmen dAlan Moore et Dave Gibbons est un chef-d'oeuvre du comics. Imaginer une suite au roman graphique est un pari osé mais relevé par Damon Lindelof dont la mini-série diffusée sur HBO en 2019 est une autre réussite après Lost et The Leftovers. Si le « showrunner » est un narrateur sophistiqué doublé d'un horloger à l'heure de la relativité, c'est en multipliant les effets de parallaxe comme autant de masques à soulever. La déconstruction du super-héros fendille la coquille du manichéisme en dénudant désormais le noyau de la race dont les bavures tachent notre actualité. Si Damon Lindelof est notre Jules Verne, c'est en explorateur de la culture saturée de notre temps. Il n'en oublie pas de montrer de quelles omelettes nos histoires sont faites et pourquoi les blessures ont besoin d'air pour cicatriser. Une tâche urgente pour une décennie naissante frappée d'emblée d'asphyxie..