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En 1932, le philosophe C. Schmitt prononce une conférence pour une organisation patronale allemande. Il promeut un Etat fort, assure qu'une politique autoritaire peut seule relancer l'économie et appelle le patronat à se rallier aux positions d'A. Hitler. Le juriste antifasciste H. Heller lui répond et dénonce ce libéralisme autoritaire. Les deux textes sont complétés d'un appareil critique.
Du libéralisme autoritaire . Le 23 novembre 1932, quelques semaines avant l'accession de Hitler au pouvoir, le philosophe Carl Schmitt prononce un discours devant le patronat allemand. Sur fond de crise économique, son titre annonce le programme : « État fort et économie saine ». Mobilisant des « moyens de puissance inouïs », le nouvel État fort, promet-il, ne tolérera plus l'« émergence en son sein de forces subversives ». Ce pouvoir autoritaire musellera les revendications sociales et verticalisera la présidence en arguant d'un « état d'urgence économique ». Lorsqu'il lit ce texte de Schmitt, le juriste antifasciste Hermann Heller, son adversaire de toujours, ne saisit que trop bien de quoi il s'agit. Peu avant de prendre le chemin de l'exil (il mourra en Espagne l'année suivante), il laisse un court article qui compte parmi les plus clairvoyants de la période. Nous assistons là, analyse-t-il, à l'invention d'une nouvelle catégorie, un « libéralisme autoritaire ». Ce recueil rassemble ces deux textes majeurs de la pensée politique, assortis d'une présentation qui éclaire les rapports méconnus entre Schmitt et les pères fondateurs du néolibéralisme.