* Les prix de nos produits sont sujets à changements sans préavis.
Est-il possible aujourd'hui de produire des actes, des formes, des gestes dissensuels ? La chose politique serait-elle devenue sans raison d'être, invalidée par une "logique de la nécessité" ? Ces questions sont posées à propos de quelques films qui tentent de parler des réalités sociales en France dans les années 2010 et de quelques films étrangers qui ouvrent sur une vision critique du monde.
Vertigo 47 . « On me demande souvent : " Où en est le monde arabe et ses révolutions ? " Je retourne alors la question : " Et vous, en Europe, où en êtes-vous avec la révolution ? " » Loin, très loin, infiniment loin, aurait-on envie de répondre à TariqTeguia, dont la question, tout comme le dernier film, Révolution Zendj, ne peut manquer de nous renvoyer à cette dimension du présent qui nous échoit : l'éclipse du politique. Éclipse dont on connaît les manifestations les plus saillantes : extinction des grandes formes de la tradition contestataire, dévaluation des termes mêmes qui en soutenaient la pratique et l'imaginaire, atomisation et fragilité des mouvements tenant lieu aujourd'hui de contre-pouvoirs. Mais aussi : règne de la « consensualité heureuse » qui voudrait que le politique soit désormais devenu sans raison d'être et s'annule de lui-même.. Quels rapports le cinéma qui se fabrique aujourd'hui entretient-il au politique - à son évanouissement et à ses persistances ? Dans quelle mesure certains films contemporains - ceux de Benoît Forgeard, les derniers films de Jim Jarmush, de Virgil Vernier... - le mettent-ils enjeu, tentent d'exposer le néant, les démissions et inerties qu'implique son déni.. Comment d'autres cherchent-ils, au-delà de la Méditerranée et à rebours de la fiction du « postpolitique », à rendre compte des formes d'agir et d'exister attestant encore et toujours de sa puissance ?.