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Colin et Chloé vivent une belle histoire d'amour. Leur bonheur serait parfait si la jeune femme n'était pas malade, car un nénuphar pousse dans son poumon. Colin s'épuise à la soigner, mais rien n'y fait et l'état de Chloé s'aggrave, tant et si bien que leur maison rapetisse jusqu'à devenir étouffante.
« Dans la vie, l'essentiel est de porter sur tout des jugements a priori. Il apparaît, en effet, que les masses ont tort, et les individus toujours raison.
Il faut se garder d'en déduire des règles de conduite : elles ne doivent pas avoir besoin d'être formulées pour qu'on les suive.
Il y a seulement deux choses : c'est l'amour, de toutes les façons, avec des jolies filles, et la musique de La Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington.
Le reste devrait disparaître, car le reste est laid, et les quelques pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du fait que l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre.
Sa réalisation matérielle proprement dite consiste essentiellement en une projection de la réalité, en atmosphère biaise et chauffée, sur un plan de référence irrégulièrement ondulé et présentant de la distorsion.
On le voit, c'est un procédé avouable, s'il en fut. »
La Nouvelle-Orléans.
10 mars 1946.
(Avant-propos de Boris Vian à L'écume des jours).