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L'historien Jocelyn Létourneau soutient que les Québécois, depuis le milieu des années 1990, expérimentent une transformation majeure dans la façon qu'ils ont de se représenter collectivement. Qu'il s'agisse du rapport à soi, du rapport à l'autre, du rapport à l'Anglais, du rapport à l'histoire ou du rapport à l'avenir, l'identitaire québécois est en voie de recomposition. Si le processus de restructuration amorcé n'est pas achevé, il s'accomplit graduellement et sourdement. Selon lui, cette révolution silencieuse est possiblement l'étape finale de la décolonisation des Québécois.
Jocelyn Létourneau est professeur émérite de l’Université Laval. Il a été titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire du Québec contemporain (2001-2015) avant d’occuper la Chaire Fulbright du Canada sur l’étude des territorialités nationales et internationales à l’Université Yale (2019-2020). Boursier de l’Institut d’études avancées de Princeton, fellow du Collegium de Lyon et membre de la Société royale du Canada, Jocelyn Létourneau a publié plus de 275 textes sur des thèmes touchant la conscience historique des jeunes, les rapports entre histoire, mémoire et identité, les grandes représentations collectives de la société québécoise, et la relation que les Québécois entretiennent avec leur passé.
Depuis le milieu des années 1990, les Québécois expérimentent une transformation majeure dans la façon qu'ils ont de se représenter collectivement. Qu'il s'agisse du rapport à soi, du rapport à l'autre, du rapport à l'" Anglais ", du rapport à l'histoire ou du rapport à l'avenir, l'identitaire québécois est en voie de recomposition.
Si le processus de restructuration amorcé n'est pas achevé, il s'accomplit graduellement et sourdement. Comme à d'autres moments de leur parcours historique, les Québécois s'éloignent de ce qu'ils étaient sans faire tempête dans l'opération. En leur offrant de nouvelles raisons communes, cette révolution silencieuse leur permet de s'imaginer et de se définir autrement, de revoir l'expérience québécoise dans la perspective de ses héritages multiples et d'accomplir le passage du paradigme de l'indépendance au profit de celui de l'interdépendance.
Aux yeux de l'auteur, cette révolution silencieuse est possiblement l'étape finale de la décolonisation des Québécois. Ceux-ci ne perçoivent plus leur identité comme un " acte manqué ", dit-il. Ils se conçoivent tels des sujets épanouis.