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A partir d'un ancien registre répertoriant les signalements de police, l'auteure interroge la stigmatisation du corps du peuple au XVIIIe siècle. Elle montre comment, à cette époque où la photographie n'existait pas encore, les gardes utilisent les blessures ou les marques de la maladie pour brosser les portraits des prisonniers afin de pouvoir les identifier plus facilement.
Pendant longtemps je n'ai guère exposé mes émotions en écrivant mes livres. J'ai été formée à une idée très claire, et compliquée à oublier : l'Histoire ne peut être mélangée au sentiment que l'on éprouve pour elle. C'est sans doute vrai, mais cela ne l'est pas tout à fait. Ces « brouillards de peine » qui m'envahissent à la lecture de ces listes sont aussi un moyen de « penser les passions », voire de les panser. Peu importe qu'il s'agisse d'un temps révolu - le XVIIIe siècle - l'émotion est une constellation. Elle peut intervenir à toute occasion, « dans le moindre pli de la réalité », celle-ci fût-elle disparue. Ainsi ai-je franchi cet interdit et levé cette barrière, en laissant l'émotion entrer dans mon travail.