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Publiés entre 1927 et 1946, ces trois récits au style incisif décrivent la vie de misère des jeunes anarchistes et la cruauté de la misogynie tout en s'attaquant au mythe de l'amour conjugal et maternel.
Novelliste, romanière, essayiste, Hirabayashi Taiko (1905-1972) a publié une vingtaine de titres, dont trois sont ici traduits : « Dérision » et « À l'hospice » (1927), ainsi que « Kishimojin » (1946). Un seul de ses textes, « Les soldats chinois aveugles » (Éditions Picquier) était jusqu'alors accessible en français.
« Keiko avait vécu dans les grandes largeurs tout ce qu'il était donné à une femme de vivre, en traversant bravement des plaines et des montagnes où d'autres ne s'aventuraient pas. »
Publiés à vingt ans d'intervalle, entre 1927 et 1946, les trois récits rassemblés dans ces pages donnent un avant-goût de l'oeuvre de Hirabayashi Taiko, qui puise dans sa vie mouvementée la matière de ses écrits.
Une matière très charnelle, façonnée par les épreuves qui ont marqué son parcours, et que l'écrivaine explore, dissèque, presque, avec mordant et lucidité. Les monologues intérieurs de ses narratrices disent le quotidien de misère des jeunes militants anarchistes et leur misogynie, l'âpreté d'une liberté sexuelle assumée, et l'accouchement, la maladie, le rapport à la maternité, à l'amour.
Publié en 1927, la même année que « Dérision », le récit « À l'hospice » a d'emblée inscrit Hirabayashi dans le courant de la littérature prolétarienne. Vingt ans plus tard, quand elle écrit « Kishimojin », elle a pris ses distances avec la mouvance anarchiste mais ses convictions féministes restent intactes. Tout comme son audace et son intransigeance qui, note Pascale Doderisse dans la présentation de cet ouvrage, se traduisent à l'écrit par « un mélange de bravade et de désespoir, d'idéalisme et de noirceur, relevé ici et là par quelques touches d'humour pince-sans-rire ».