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Une description du processus d'hybridation du pouvoir et de la mafia, de la montée de la désagrégation sociale et civique, qui a commencé en Sicile avant de s’étendre à l’Italie et au monde. C'est en Italie qu’a surgi dans les années 1970 ce que Sciascia a appelé prophétiquement l’extrémisme du centre pour désigner ce pouvoir qui neutralise la contestation.
À l'instar des petites lucioles, dont la disparition était selon Pasolini le signe de l'avènement d'un « nouveau pouvoir », l'idéal démocratique est entré dans une phase de reflux. Dans son oeuvre de romancier et d'essayiste, Leonardo Sciascia a très tôt discerné une « sicilianisation » à l'oeuvre en Italie puis dans le reste du monde, tel un processus de désagrégation sociale et civique concomitant de l'hybridation du politique et d'un certain ethos mafieux. C'est dans ce laboratoire politique de la contre-révolution mondiale qu'était l'Italie des années 1970 qu'a surgi aussi ce que Sciascia a appelé « extrémisme du centre » pour qualifier un pouvoir revendiquant son indépassable centralité en suscitant ou désignant de manière indistincte des « extrêmes ». Par cette pratique visant à son maintien, il cherche à neutraliser toute réelle contestation, favorise le pouvoir autoritaire, et nous met au défi d'inventer une nouvelle pensée et pratique politique afin que quelque chose change vraiment.